En fait, c’est écrit dans ma to do list que je devrais vous faire un épisode à propos de mon livre 📚
Mais je n’y arrive pas.
J’ai trop de choses dans la tête. Trop d’émotions. Trop de fatigue.
Alors voilà : mon livre est commandable partout, et je voulais simplement vous dire merci 🤍
Merci pour l’accueil, pour vos messages, pour votre amour.
J’en parlerai peut-être dans un autre épisode.
Mais aujourd’hui, j’ai besoin de vous parler d’autre chose.
Un sujet un peu délicat.
Si vous cherchez des licornes 🦄 et des petites fées ✨, ce n’est pas le bon moment.
Et c’est ok d’arrêter là si vous préférez garder votre vision enchantée.
1. Qui suis-je (et pourquoi je vous parle de ça) ?
Je suis Laetitia Gonnon.
J’ai un master en sciences de l’éducation.
Passionnée par l’éducation depuis 19 ans, dans le métier depuis 7 ans.
On vante partout les vertus d’avoir un chien :
Ça fait du bien au moral 💛
Ça nous oblige à sortir 🌿
Amour inconditionnel
Meilleur partenaire que les humains
Complicité magique
Et le seul “désavantage” officiel ?
👉 Se lever à 7h le dimanche, même quand il pleut.
Franchement ?
Si c’était seulement ça…
2. Max — L’innocence brisée
J’ai eu mon premier chien vers 10 ans. Max, un croisé adopté.
Six ans plus tard, ma sœur entre dans ma chambre : “Max est mort.”
Je descends en courant.
Je vois mon père masser mon chien.
Je hurle : “Arrête, tu vas le tuer !”
Il me répond : “Il est déjà mort.”
Il s’était pendu à cause de la manière dont on l’avait attaché.
Manque de connaissance.
Ignorance.
Culpabilité.
Traumatisme.
3. Speedy — L’âme sœur
Quelques semaines plus tard, on adopte Speedy, un border collie de la SPA.
Lui, c’était le chien des films 🎬
Agility. Dog dance. Complicité absolue.
Mon âme sœur.
Puis à 5 ans, il commence à boiter.
Radios. Ostéo. Anti-inflammatoires.
Autriche. Allemagne. Sangsues. Repos. Activité.
Chaque mois, une nouvelle tentative.
Rien.
À 9 ans, en voyage en camion, il change.
Une tumeur.
Biopsie en Espagne.
Cancer agressif.
“On peut l’endormir aujourd’hui si vous voulez.”
Il est parti avant ses 10 ans.
On avait dit : pas d’euthanasie, pas avant 13 ans.
La souffrance était indescriptible 💔
4. Quick — Le chien fragile
En Macédoine, je croise un chiot.
Je l’embarque.
Très vite :
Grognements. Agressions. Morsures. Réactivité extrême.
Je suis déjà formée au clicker training.
Je fais tout en renforcement positif.
Rien ne suffit.
Médication. Muselière. Gestion permanente.
Un accident tragique survient.
Il nous quitte après seulement un an.
Cette année-là, je commence ma formation d’éducatrice canine.
Pour le comprendre.
Il m’a tout appris.
Dans la douleur.
5. Ness — Le chien qui m’a changée
En Macédoine, je croise un chiot.
Je l’embarque.
Très vite :
Grognements. Agressions. Morsures. Réactivité extrême.
Je suis déjà formée au clicker training.
Je fais tout en renforcement positif.
Rien ne suffit.
Médication. Muselière. Gestion permanente.
Un accident tragique survient.
Il nous quitte après seulement un an.
Cette année-là, je commence ma formation d’éducatrice canine.
Pour le comprendre.
Il m’a tout appris.
Dans la douleur.
6. Yoko — L’espoir fragile
Pour la première fois, je choisis un élevage.
Pour réduire les risques.
J’adopte Yoko.
Elle n’est pas Speedy.
Mais je n’ai plus besoin du chien parfait.
À 5-6 mois : boiterie.
Je découvre le renforcement musculaire.
À 5 ans :
Décharges électriques dans le dos.
IRM. IRM dynamique. Infiltrations.
Toujours pas de diagnostic.
Depuis 9 mois :
laisse
médication
rendez-vous incessants
argent
énergie
Je suis épuisée.
C’est l’âge d’or.
Les années 5 à 8 ans.
Celles que je n’ai jamais vraiment vécues.
7. Ce qu’on ne dit pas sur les chiens
On parle des balades au coucher du soleil 🌅
Des regards pleins d’étoiles ✨
De la liberté.
On parle moins de :
l’angoisse
l’impuissance
les nuits sans sommeil
les kilomètres pour un vétérinaire
les comptes bancaires qui tremblent
la peur du verdict
On pourrait se détacher.
Aimer “moins fort”.
Investir moins.
On souffrirait moins.
Mais on aimerait moins.
Je crois que le bonheur qu’on vit quand tout va bien
est proportionnel au stress quand tout va mal.
Et parfois, le ratio est difficile.
8. La réalité d'avoir un chien
Prendre un chien, c’est ouvrir un paquet surprise 🎁
Dedans, il y a :
de la joie immense
de la complicité
des aventures
Mais aussi :
de la maladie
de la frustration
de la tristesse
de la violence
de l’impuissance
Ça vient forcément, à un moment ou un autre.
Et ce n’est pas que chez les autres.
Conclusion
Je n’en ai pas vraiment.
Je voulais juste dire que c’est normal de souffrir.
Normal d’être fatigué.
Normal d’avoir peur.
Peut-être que j’ai accumulé des traumas :
Max.
Speedy.
Quick.
Ness.
Yoko.
Mais c’est aussi ça, aimer profondément un chien.
Et je préfère le dire.
Parce que si on regarde les vidéos — même les miennes —
on pourrait croire que c’est toujours facile, toujours génial, toujours lumineux.
La vérité ?
Aimer un chien, c’est accepter la lumière 🌞
et l’ombre 🌑
Et continuer quand même.