SOMMAIRE
1. Le jour où Diane a compris que son chien pouvait mordre
2. Quand la gestion d’un chien réactif prépare à la maternité
3. L’arrivée de bébé avec un chien réactif
4. La charge mentale liée à la réactivité
5. Entre amour, doutes et questionnements d’un replacement
La maternité et l’éducation canine partagent un point commun inattendu : la vigilance constante. Pour de nombreux humain-es de chiens réactifs, cette compétence s’avère être un véritable atout au quotidien. Pourtant, concilier la vie de parent et la gestion d’un chien qui présente des troubles du comportement demande une organisation de fer et soulève de nombreux défis, à découvrir à travers ce témoignage de Diane et son chien Juno.
Et si tu souhaites découvrir son autre témoignage ainsi que ses conseils plus globaux sur la réactivité et l’agressivité de son chien, c’est par ici !
Le jour où Diane a compris que son chien pouvait mordre
Laetitia : Alors Diane, j’aimerais qu’on revienne sur notre première rencontre. Je savais que j’oublierais jamais ce moment où j’étais venue te voir à domicile bien avant que tu aies des enfants. À ce moment-là, j’étais un peu inquiète parce que Juno avait déjà mordu 🐕. C’était un chien avec un certain passif, une certaine génétique, et toi tu n’avais pas encore beaucoup d’expérience et tu avais été plutôt mal informée. Est-ce que tu te souviens de cette première rencontre ?
Diane : Ouais, je m’en souviens ! D’ailleurs ça m’avait un peu choquée que tu prennes autant de précautions, parce que je ne me rendais pas compte de la complexité d’avoir un chien réactif qui mort des humains. Tu as été assez crue, tu m’as ouvert les yeux sur les dangers potentiels, sur ce qu’on pouvait faire mais aussi sur les limites. Ça m’a pris du temps, j’ai pas mal pleuré pendant deux jours en me disant que mon chien était une bombe à retardement 💣. Et puis après, on a commencé à travailler ensemble.
Quand la gestion d’un chien réactif prépare à la maternité
Laetitia : Ce premier rendez-vous a été intense pour toutes les deux, mais j’ai vite vu votre potentiel. Tu as décidé de comprendre ton chien et ses émotions, et tu as gagné une lecture très fine de ton animal et de l’environnement.
Diane : En fait, toute cette vigilance constante qu’on a avec un chien réactif, c’est une compétence qui m’aide énormément aujourd’hui dans ma maternité 👶 !
Ce que j’ai vécu avec mon chien Juno a fait de moi une meilleure maman humaine ❤️. Ma sage-femme m’avait d’ailleurs dit que les post-partums se passent souvent mieux pour les couples qui ont un chien. C’est clair : savoir lire les environnements, repérer les déclencheurs au loin et gérer ses propres émotions, ça sert énormément.
Laetitia : Après notre accompagnement régulier, il y a eu une période d’autonomie où tu avais les outils adéquats pour ton chien.
Diane : C’est là qu’il y a eu cette troisième morsure annoncée au Service Cantonal de Suisse et qu’on a dû passer le test. On l’a réussi assez haut la main, si bien que je n’ai officiellement pas de mesures de muselière ou de laisse obligatoire, ni de saisie ou d’euthanasie. Même si ça continue d’arriver (plutôt des pincettes maintenant 🤏) et qu’on gère l’environnement, je continue de lui mettre la muselière par sécurité 🛡️.
Le grand chamboulement : l’arrivée de bébé avec un chien réactif
Diane : Il y a près de trois ans, je suis tombée enceinte, ce qui annonçait pas mal de changements. Pour moi, il était clair que je ne voulais pas d’enfant tant que mon chien n’était pas mieux dans ses pattes 🐾. Vers ses 4 ans, il était beaucoup plus en confiance, ce qui a coïncidé avec notre projet bébé 🍼.
Concrètement, avant l’arrivée du bébé, on a pris un rendez-vous de préparation et on a mis des choses en place :
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La modulation de l’espace : Ajout de barrières pour séparer les pièces et mieux gérer les flux.
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La désensibilisation sonore : Écouter des bruits de pleurs de bébé sur YouTube pendant les balades de mon chien.
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La simulation : Jouer avec une poupée devant mon chien (donner de l’attention à quelqu’un d’autre) et balade avec une poussette vide pour caler le rythme.
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L’allègement de la routine de mon chien : Faire de plus petites balades à cause de ma grossesse compliquée, pour qu’il s’habitue à être un peu moins le centre du monde.
Puis le bébé est arrivé. Tant qu’elle ne marchait pas, c’était assez facile, à par le manque de temps et d’énergie, et le fait que le chien essayait de la lécher (ce qui lui donnait des boutons à cause de l’allergie à la bave !). On utilisait un parc pour le bébé. Maintenant qu’elle a 2 ans, une vraie complicité s’est installée : elle lui dit assis, couché, et lui donne des croquettes avec la main bien à plat ✋, surtout qu’il a sa muselière.
La charge mentale liée à la réactivité du chien
Diane : La réactivité c’est à vie, et c’est fluctuant selon les jours ou la forme du chien. Aujourd’hui, je fais hyper attention : muselière 90% du temps dehors, j’essaie de ne pas avoir le chien et la fille en même temps en totale liberté, et on gère les espaces à la maison 🏠.
Mais le vrai point noir de notre histoire, c’est le partage de la charge mentale. Mon conjoint n’a jamais signé pour avoir un chien réactif au départ, c’était mon chien. Gérer les balades en hypervigilance demande des compétences émotionnelles et physiques que mon compagnon a du mal à porter. C’est notre source principale de conflits ⚡. Naïvement, je pensais qu’il allait acquérir les mêmes compétences que moi, mais ce n’est pas si simple. Heureusement, ça va aller de mieux en mieux en grandissant, et j’ai bon espoir de retrouver des moments d’activités qu’avec Juno 🎾. De pouvoir repartir en balade qu’avec lui, de pouvoir peut-être même faire du nosework. Enfin, ces choses que j’ai envie de de mettre en place dans notre relation qui pour l’instant ont totalement ont totalement disparu.
Entre amour, doutes et questionnement de replacement du chien
Laetitia : Est-ce que la question du replacement revient ?
Diane : Oui, ça m’habite. Quand on a des conflits de couple ou des moments de saturation du système nerveux 🤯 — par exemple quand la petite pleure et que le chien déclenche en même temps — on se dit que si on enlève le chien, on enlève le problème. C’est le catalyseur de nos soucis de couple.
Une fois, tu m’avais dit : « Tu lâches jamais la poussette. » Donc j’ai lâché la laisse. Heureusement qu’il y a la muselière, mais même là, tu ne lâches pas un chien qui déclenche sur quelqu’un, parce qu’il peut faire tomber du monde. Et ça m’arrive maintenant parfois de ne pas lâcher la laisse, mais de lâcher la main de ma fille et d’avoir ma fille qui pleure au milieu du chemin. Ça arrive, et ce sont des moments où mon système nerveux — qui est pourtant entraîné à tous ces trucs — sature 😢. Là, tu te dis que ce chien serait bien mieux ailleurs et que je serais bien mieux sans ce chien.
Mais d’un point de vue affectif, l’amour que l’on porte à un chien et à un enfant est très similaire, il n’y a pas de hiérarchie dans l’amour, juste dans les besoins. Et j’ai cette idée que personne d’autre ne pourrait s’occuper aussi bien de lui que moi, parce que je le connais par cœur. Même si c’est fatiguant, toute notre vie tourne autour de notre chien et de notre fille maintenant !
Et oui, bien sûr qu’on y repense 😳, et en même temps j’ai un truc un peu naïf — ou qui manque d’humilité — mais je n’ai pas l’impression que d’autres gens pourraient faire mieux que moi pour s’occuper de ce chien. Peut-être qu’ils auraient plus de ressources et de temps, mais je le connais tellement bien. Je sais ce qui est bon pour lui, je sais sur quoi il va déclencher, j’évite les situations… toute ma vie tourne autour de mon chien et de ma fille maintenant. J’ai l’impression que personne ne pourrait s’occuper aussi bien de lui que moi.
Mais c’est sûrement faux, on a souvent cette idée, même si elle a une grande part de vérité. De toute façon, on ne peut pas comparer les compétences des uns et des autres, il n’y a pas de diplôme de celui qui s’occupe le mieux de Juno. Mais on a tous ce sentiment quand on se pose ces questions-là.
Laetitia : Et il y a une grande part de vérité, parce que même si tu mets Juno dans les mains de quelqu’un de qualifié 🐶, il lui faudra un temps d’adaptation pour le connaître par cœur. Moi, je connais le langage des chiens et je connais le mien par cœur. De là à anticiper chaque centimètre du quotidien, chaque minute, quand j’ouvre la porte ou le coffre… il y aura des essais-erreurs. Ce n’est pas comme si tu donnais Juno avec un mode d’emploi comme un nouvel ordinateur. Même une personne qualifiée aura besoin d’un temps d’adaptation et de créer un lien de confiance, et pendant ce temps-là, elle sera forcément moins compétente que toi. Ça ne veut pas dire qu’elle ne le deviendra pas, mais ça demande ce processus.
Quand les lois de l’apprentissage s’appliquent aussi bien aux enfants qu’aux chiens
Diane : En fait, ça va vraiment de pair : avoir un enfant et avoir un chien, ce sont des questionnements et des remises en question très complémentaires et similaires 🧠. Je suis tellement contente d’avoir appris des choses en éducation canine, parce que les lois de l’apprentissage sont les mêmes pour tous les animaux — que ce soit pour un chien ou pour un enfant. C’est fascinant d’observer ce béhaviorisme au quotidien !
Du coup, il y a de vrais petits moments choux au milieu de tout ça 🥰. Inculquer à un enfant le respect des êtres vivants et ne pas mettre l’humain au centre de tout, c’est super beau. Elle adore par exemple dire « pieds » pour se faire lécher les pieds par Juno 🐾 ! Et lors de notre road trip de 3 mois en van, elle partageait tous ses snacks avec lui à l’arrière. Dans ce contexte spécifique dans son siège auto, il n’y avait aucun enjeu, ils faisaient des allers-retours de biscuits en toute sérénité.
Elle intègre aussi très bien les enjeux de la réactivité : quand on croise quelqu’un et que je me mets sur le côté, elle vient immédiatement de mon côté, elle ne se met jamais entre le chien et le déclencheur 🛡️. Et elle est hyper cool avec tous les autres chiens qu’on croise qu’elle laisse totalement tranquilles.
Conclusion : mes meilleurs conseils pour s’organiser avec un enfant et un chien réactif🎒
Diane : Pour finir, j’ai quelques gros conseils à partager à notre audience qui a ou souhaite avoir des enfants avec un chien sensible ou réactif :
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Investir dans du super matériel : Une bonne laisse enrouleur solide qui ne casse jamais et, surtout, du matériel de portage de qualité 🪢.
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Prendre un cours de portage : Je suis passée par une monitrice pour porter devant au début, puis dans le dos à partir de 4-5 mois. Ça change tout pour avoir les mains et les pieds libres 🚶♀️.
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Profiter des balades en solo : Pendant les siestes de la petite en portage (j’en faisais au moins une par jour), je pouvais faire mes 45 minutes de vraie balade qualitative avec mon chien 🌲.
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S’entourer à l’avance : Faire appel à une éducatrice en amont pour anticiper et développer les bonnes compétences 🐕🦺.
Et pour finir sur une note un peu plus rigolote et très « crac-cra » 🤭, ma fille apprend la propreté sur le pot en ce moment. Comme Juno adore le caca, parfois on ne va pas assez vite et hop, le caca a disparu, le chien a tout nettoyé ! C’est un système fermé et totalement écologique, en fait 💩.
N’hésitez pas à nous faire part de vos retours, de vos expériences et de vos galères en commentaire. On sera super contentes de vous lire et de se soutenir !
Qu’est-ce qui a été le plus surprenant pour toi dans la gestion du quotidien entre ton animal et ta vie de famille ? 🤔