Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas abordé ce sujet plus tôt. C’est marrant, il y a tellement de sujets que j’aborde volontiers avec mes élèves en live, mais dans le contenu sur internet, je crois que simplement je n’y pense pas car je reste trop focalisée sur « l’éducation canine ». 😉
Bien sûr, je suis éducatrice canine, j’apprends aux gens à apprendre à leur chien plein de choses (revenir au rappel, ne pas partir chasser, être à l’aise partout, aller partout…). Mais dans mon métier, je vais bien au-delà de l’éducation. ✨
Je suis Laetitia Gonnon, éducatrice sociale à la base avec un master en sciences de l’éducation, passionnée, formée et diplômée maintenant dans le comportement canin. J’ai fondé Eduzen, une école d’éducation canine qui accueille chaque semaine des dizaines de chiens de toutes les races, toutes les problématiques et tous les âges, en Suisse.
J’ai aussi créé myEduzen, une plateforme de vidéos et d’accompagnement en ligne, pour ceux qui n’ont pas la chance d’habiter vers le lac suisse (les pauvres !). 🏔️
Avant d’être éducatrice canine, je suis passionnée depuis toujours. Déjà petite, j’harcelais mes parents pour avoir un chien. 🐶 Quand j’ai eu mon premier chien, c’était mon ombre ! Mon père disait : « Si vous cherchez le chien, appelez Laetitia, il va venir ».
J’étais comme la plupart des adolescentes, avec des posters de chevaux partout, à apprendre le nom de chaque partie du corps et de la sellerie… 🐴 Puis j’ai eu Speedy, et là je suis rentrée dans l’univers du chien par la porte des sports canins. Dog dancing, agility, frisbee, troupeau, cani-cross : j’ai tout fait ! 🏃♀️💨
Quand on fait autant d’activités et qu’on passe autant de temps avec son chien, on le voit, je pense, sous un autre angle que quand on fait « que des balades ». On échange tellement avec lui. On l’observe tellement. On communique car on doit lui « demander » des choses (beaucoup plus de choses qu’en balade) et du coup, on rentre dans plein d’autres aspects (la frustration quand il passe sous les barres ou qu’il contourne un obstacle, etc.). 🧭
Alors, quand on se promène avec son chien dans la forêt, on peut aussi avoir des frustrations (surtout de nos jours où nos chiens doivent être parfaits — à l’époque, quand on se promenait, le chien faisait ce qu’il voulait, d’ailleurs il pouvait même se promener sans nous, c’était égal tant qu’il rentrait à la maison après 🌲). Mais quand on fait un sport, c’est un autre niveau. On a de réelles attentes.
L’avantage de ces attentes (car il y a aussi des inconvénients), c’est qu’elles nous poussent à mieux comprendre l’individu devant nous. Comment il fonctionne. Ce dont il a besoin. 💡
2.Des épreuves qui ont tout changé 💔
Après 4-5 ans de bonheur avec Speedy, à faire des activités tous les jours avec lui, il a commencé à boiter. La frustration était intense. J’ai fait des recherches. J’ai été voir des vétos partout (France, Suisse, Autriche). Et j’ai commencé à apprendre ce que c’était que d’avoir un chien qui a un problème de santé. Nous n’avons jamais pu résoudre cette boiterie malgré tout ce que j’ai essayé. 🛑
Ensuite, j’ai eu Quick, dysplasique à 10 mois quand je l’ai trouvé dans la rue. Le véto m’a dit qu’il ne pourrait jamais vivre normalement, qu’il faudrait l’euthanasier jeune. J’avais l’impression qu’il avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête. ⚔️ Il est parti l’année dernière, à 13 ans, avec un rythme de vie tout à fait normal et même plus actif que la moyenne des chiens. ❤️
Ensuite, à 9 ans, Speedy a commencé à aller mal. Je l’ai amené chez des vétos en France, en Allemagne, puis en Espagne. Tout le monde me disait : « Il est en pleine forme ». Quelques mois plus tard, une énorme masse est sortie de son cou, en quelques jours. C’était trop tard. Déjà métastasé.
Depuis ce jour, je me suis promis que plus jamais je ne laisserai les vétos décider pour mes chiens, ni de leur futur, ni de dire que tout va bien alors que moi, je sais que ça ne va pas. Je sais que les vétos ont fait de leur mieux et que c’était une autre époque. Mais j’ai décidé que maintenant, j’allais encore mieux les accompagner. Mes chiens, mais aussi ceux des autres. C’est ce dont on va parler aujourd’hui. 🔥
PARTIE 1 : Une prise en charge holistique au service de nos chiens 🧬
Maintenant, je suis donc éducatrice, mon métier c’est d’accompagner les gens dans l’éducation de leur chien. Mais je n’aime pas ce mot « éducatrice canine » et je n’ai jamais réussi à trouver de définition de « l’éducation canine » qui me convienne.
Ayant été formée dans le social, je suis très sensible à la question de la qualité de vie, du bien-être, de l’éthique et du respect de chaque être vivant. 🤝
Me réduire à « donner des conseils pour avoir un chien qui obéit » (la fonction de mon métier à priori) ne me convient pas. J’ai déjà parlé des problématiques de morcellement : on ne peut pas regarder (entendre « traiter ») une partie d’un être vivant en ignorant le reste. Tout est lié (revoir l’épisode sur la systémique). 🔄
Je préfère reculer et avoir une vue d’ensemble de l’individu devant moi :
Qui est ce chien ? Non pas d’un point de vue « est-ce qu’il obéit ou pas », mais d’un point de vue plus global.
Quelle est sa personnalité ? Son quotidien ?
Ses motivations, ses émotions, ses sensibilités ? 🧠
Qui est sa famille ? Quel est leur rythme de vie, leurs aspirations dans la vie ?
Comment voient-ils la place de leur chien et la relation avec leur chien ?
Quelles sont les ressources et les limites (ou les leviers et les freins) du triangle « chien-humain-environnement » ? 📐
📚 Ressource utile : Pour une liste quasiment exhaustive de tout ce que j’analyse dans une famille, ainsi que des fiches à remplir pour que tu puisses faire ta propre analyse de ton chien et de TON environnement à toi, je te renvoie à la 2ème partie de mon livre « Ton chien est unique ». Cette partie s’intitule : « La triade en équilibre : ton chien, toi, votre environnement ».
Et donc, parmi les 8 aspects du côté « chien » que j’aborde dans le livre, il y a le côté santé. Le côté « santé » a une grande importance pour moi, je ne peux pas faire mon métier sans m’en soucier ! 🩺
Un chien qui a mal va être plus réactif. ⚡
Un chien qui souffre ne peut pas apprendre. ❌
Un chien qui dort mal va être irritable. 😴
Un chien qui a des douleurs sourdes ne pourra pas apprendre à rester seul. 🏚️
Cela semble évident, mais le corps et l’esprit (les comportements, les émotions) sont liés +++ et ceci dans les deux directions. Traiter un seul élément (exemple : la réactivité congénères) sans considérer tout ce qui gravite autour (sommeil, nutrition, douleurs, relation, besoins, etc.), c’est morceler le chien et ne pas le considérer comme un être vivant entier. 🐕🦺
PARTIE 2 : Sortir nos chiens correctement, de la balade du quotidien aux sports intenses 🏔️
La 2ème chose importante pour moi, après le côté « holistique », c’est l’activité physique. Le mouvement, c’est la vie. Tous les chiens ont besoin de bouger, du plus petit chihuahua au grand bouvier bernois vieillissant. Chacun à leur manière, de manière adaptée. Mais ils ont besoin de bouger. Pour leur bien-être physique, psychique, émotionnel, total ! 🎯
Cela fait donc aussi partie intégrante de ma pratique d’éducatrice canine.
J’ai une relation étroite avec le sport depuis 20 ans (je ne compte pas les sports que je faisais enfant). J’ai commencé d’abord avec le sport de mes chiens (agility, etc.), puis il y a 15 ans, j’ai développé une passion pour les sports outdoor (je grimpe beaucoup, j’ai fait des records de highline, etc. 🧗♀️).
Quand j’ai commencé l’agility il y a 20 ans, je n’avais pas trop conscience de l’hygiène de vie pour mon chien. Je l’échauffais un petit peu, je l’amenais chez l’ostéo, j’étais très sensible aux boiteries, mais je n’avais pas encore une « culture du sport » comme maintenant. 🏋️♀️
L’importance de la culture de l’hygiène de vie 🍏
Cette culture a plutôt commencé quand j’ai commencé moi-même le sport amateur (pas vraiment professionnel, mais quand même intense). À ce moment-là, j’étais la seule à m’échauffer et m’étirer dans la salle de grimpe… J’étais sensible à l’hygiène de vie. Ne pas fumer, ne pas boire, dormir correctement… J’ai toujours voulu avoir une pratique d’un sport dans une hygiène de vie plus globale, qui soit saine selon moi. 🧘♀️
Pendant ma pratique, je me suis d’ailleurs très vite blessée. J’ai voulu traverser la Suisse à pied avec mes chiens et en totale autonomie, avec un sac beaucoup trop lourd pour moi et pas assez d’entraînement. J’avais pourtant essayé d’y aller progressivement, mais le problème, c’est que je me suis peut-être emportée : j’adorais trop cette aventure et les paysages me poussaient à avancer. 🇨🇭🥾 Je n’avais pas de douleurs inquiétantes, et c’est venu d’un coup sans prévenir…. J’ai donc dû abandonner à cause d’une blessure au genou qui m’a pris plusieurs années à guérir.
Grâce à cette blessure, j’ai été en contact avec plein de professionnel-les en plus des médecins : ostéo, physio, acupuncture. Tout cela semble maintenant assez « monnaie courante », mais à l’époque, ça l’était moins. J’ai donc continué à développer un peu ma « culture d’une hygiène » à ce moment-là. 🩺
En parallèle, j’ai donc commencé à essayer de transposer cela aux chiens. Peu après, Speedy s’est blessé lui aussi, donc pareil, j’ai aussi eu pas mal de contacts avec des professionnel-les de la santé canine. Et depuis, cela n’a jamais arrêté ! Nous sommes en permanence en contact avec des professionnel-les de la santé car nous avons tellement besoin d’eux pour avoir des chiens qui vont bien. 🩹
Les chiens sont des animaux domestiques à qui l’on impose de vivre sur un modèle bien loin de leurs origines : manger des croquettes, se sédentariser, sélection artificielle, être protégé des maladies avec les vaccins, les vermifuges, etc. Cela leur donne une espérance de vie allongée, mais à condition de suivre les soins au mieux. 💊
Une approche qui s’applique à tous les chiens 🐾
Cette « culture de l’hygiène de vie » m’a alors sensibilisée à plein de choses avec les chiens. J’ai commencé (et je continue, car chaque année je me forme et j’apprends) à questionner certains actes qui sont tellement banalisés dans la vie avec les chiens : les laisser des heures dans une cage dans la voiture, les tenir avec un collier, leur donner tous les jours la même chose à manger sans savoir ce que cela contient… 🛒
Ensuite, j’ai aussi rajouté dans mon hygiène de vie avec les chiens les notions d’échauffements, de renforcement musculaire, d’impacts sur les articulations, etc. 💪
Toute cette hygiène de vie que je développe avec mes chiens, et qui évolue en permanence (ce que je fais en 2026 est différent de 2020 et sera différent de 2030), j’ai envie de la transmettre à tous les chiens. Car ce ne sont pas que les chiens sportifs qui sont concernés, il en est de même pour les chiens de famille ! Il n’y a pas que les athlètes qui ont le droit d’être en bonne santé… ✨
Alors c’est clair que c’est plus difficile quand j’ai un chien hypertype qui est déjà d’une morphologie pas adaptée à son monde, mais c’est donc d’autant plus important qu’il ne souffre pas (le moins possible) de sa morphologie. 👌
PARTIE 3 : Mon rôle d'éducatrice canine avec mes élèves 👩🏫
C’est pourquoi j’intègre tout cela à ma pratique. Sans détenir de vérités strictes, j’aime sensibiliser mes élèves, échanger avec eux, et réfléchir (et tester surtout !!!) ensemble à ce qui semble être le mieux pour LEUR chien au jour J. ⭐
Mon rôle, c’est donc de les sensibiliser. Doucement. Sans trop alourdir, sans les perdre… tout en respectant leurs valeurs et leurs limites de ressources. Parfois, c’est difficile, car j’ai envie de les envoyer chez l’ostéo, le véto, le physio, le nutritionniste, etc., et après, les gens ont moins le temps ou l’argent pour mes cours. C’est un risque, mais je veux vraiment le mieux pour chaque chien.
💡 Ma philosophie : Si les douleurs ou la nutrition sont une priorité, allez-y d’abord et on reviendra faire des cours plus tard. Si la priorité c’est un problème émotionnel, on commence ensemble et on ira chez tel ou tel autre professionnel-le, ou investiguer telle ou telle partie du corps plus tard, dans un second temps.
Donc, comme je vous disais, je ne peux pas être une éducatrice canine qui ne fait que donner des conseils sur l’éducation canine. Pour autant, je ne donne pas de conseils en santé, car je ne suis pas véto. Chacun doit rester dans son domaine de compétences, et nous devons travailler ensemble et mettre nos forces en synergie. 🤝
Donc mon rôle, selon moi, en 2026, c’est qu’en plus de tout ce qui est éducation et comportement (émotions, mode de vie, besoins, etc.), je veux sensibiliser les gens à :
L’hygiène de vie de leur chien (où il dort, les impacts sur les articulations, le sommeil, etc.) 🏡
Le physique de leur chien (être attentif aux changements de posture, aux douleurs potentielles, à la musculature, etc.) 👀
L’activité physique de leur chien (échauffement, choix de l’activité, suivi par des professionnel-les, etc.) 🏃♂️
Rejoins-nous pour aller plus loin ! 🚀
Mais j’aide aussi sur le point de vue de la santé, je suis tellement sensible à cela. J’aide les propriétaires de chien à récolter les informations au mieux pour les vétos. Je les aide à préparer leurs visites.
En rejoignant myEduzen, tu as accès à une grande variété de vidéos mais aussi des LIVES exclusifs avec moi pour échanger et obtenir des conseils personnalisés sur la santé de ton chien, mais pas que… ! Rappel, marche en laisse, gestion de l’excitation, solitude, réactivité… Alors à toi de jouer !